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Des vers et des virées

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6 janvier 2024

Basho, maître du Haiku. Hokusaï, maître de l'estampe

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6 janvier 2024

HAIKU

L’art du haïku     Petite initiation rapide au haïku japonais

Le haïku c’est un arrêt sur image, une petite méditation.

 Quelques minutes de rêve et de réflexion.

Une discipline mentale.

Un moment salvateur dans notre monde de brutes !

La forme= 3 lignes donc  3 vers :

Court (normalement 5 pieds)

Long (7 pieds)

Court (5 pieds)

Parlez de quelque chose de saison ou de nature ou de réalité=c’est le kigo japonais.

Exemple : Ce matin je vois un arbre(nature) dans le brouillard (saison). Avec ces 2 choses je vais créer une IMAGE :

Dans le brouillard

L’arbre a planté ses doigts -

(j’ai remplacé branches par doigts mais j’aurais pu garder branches)

 

Après le 2ème vers il y a obligatoirement un silence. En français on le marque souvent par un tiret. Silence nécessaire à la réflexion à la sensation ou l’émotion créée par l’image.

Le 3ème vers exprime la sensation, l’émotion, créées par l’image. Mais on n’emploie jamais « je ».

 Mon exemple,  je ressens : Main de sorcière.      Et j’obtiens ce haïku :

Dans le brouillard

L’arbre a planté ses doigts –

Main de sorcière

A VOUS . Silence et paix. Si vous faites ça en vitesse et que vous en écrivez un plein palenquin ce n’est pas l’esprit du haïku. Un seul haïku s’il vous plait mais avec chaque mots revu, choisi, soupesé, ressenti pour prendre le temps de la réflexion et de la méditation. Silence et Sérénité de l’instant. Voici le mien revu et demain il changera peut-être.

Dans le brouillard

L’arbre a planté ses doigts nus

Le ciel est si lourd.

J’ai bien sûr changé entre ma première idée et cette dernière. Prenez bien le temps de méditer c’est-à-dire de sentir. Si vous n’êtes pas en état, revenez demain ! Un seul haïku mais du « pur jus ».

Annie R le 18/12/2023

31 octobre 2020

La reconnais-tu ? Elle se promène au jardin Elle

La reconnais-tu ?

 

Elle se promène au jardin

Elle avertit quand on approche

Elle sourit quand on arrive

Heureuse de vous accueillir.

Une caresse, un petit bruit

Et tout son corps montre sa joie

Un frôlement, un mot gentil

Elle vous donne tout son amour.

 

Elle ne court plus vers les enfants

Maintenant c’est eux qui poursuivent

Qui la bousculent un peu bien sûr

Mais c’est le jeu.

Des petits tours sur la pelouse

Et elle s’amuse.

Ou elle se couche sagement

Elle profite de son petit monde.

 

Chaque jour elle veut son pain dur

C’est le bonheur quand il arrive

A point pour ses dents acérées

Finalement ça vaut un os.

Et imaginez qu’au printemps

Quand les fruits rougissent au jardin

On peut se gaver de cerises

Si les oiseaux les font tomber

Ou les cueillir au bout des branches.

Le potager est interdit

C’est bien dommage

Elle le regarde avec envie.

 

« Venga ! » crie-t-on par la fenêtre !

C’est un jeu toute la journée.

Venga aboie, les maîtres râlent

Rien de mieux que d’être écoutée !

Elle est maîtresse du jardin

Elle en connait chaque recoin

C’est son domaine, elle le surveille.

 

Elle a sa place dans les cœurs

Bien au chaud, il y fait bon vivre

Qui voudrait mieux ? Qui voudrait plus ?

« Est-ce- que tu gardes mon pain dur ?

Penses-y et je vis encore. »

Hommage à Venga

 

21 mars 2020

IDEE DU JOUR

IDEE_DU_JOUR_samedi

Confinement pour cause de Coronavirus  depuis 6 jours : le Covid 19 sévit et se répand à la vitesse des avions qui parcourent la planète ! Vroum... Tous emboucanés !

 

Aujourd'hui, samedi, l'hiver est revenu ! Grisaille et vent froid alors je vous propose un petit jeu auquel je me livre souvent : je voyage en direct et en temps réel dans un autre pays que j'aime ou que j'ai envie de voir à cet instant.

Facile.

je tape sur internet dans google : " webcam en direct "  ou "livecam" mot anglais + le nom de la ville ou de l'endroit que vous voulez voir en direct. choisissez bien votre adresse à regarder ce n'est pas toujours la 1ère de la liste, faites plusieurs essais.

Voici des exemples 

 

webcam Pic du midi  ( j'adore depuis toujours) je vous mets le lien 

https://picdumidi.com/en/live/webcam

Ils sont dans les nuages zut

 

webcam Madere (j'y vais très souvent pour voir le temps là bas)

http://www.madeira-live.com/fr/cam-live.html

Aucun gros bateau sur le port, très peu de passants eux aussi sont confinés

 

webcam Buenos Aires 

https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/argentina/buenos-aires/buenos-aires/buenos-aires.html

Tiens le centre ville est quasiment vide . ils sont confinés eux aussi?

 

webcam Mexico (devinez pour qui ? la copine qui l’a loupé pour cause de confinement) livecam mexico

https://www.skylinewebcams.com/en/webcam/mexico/federal-district/mexico-city/mexico-city.html

 

j'essaye la chine: WuHan = impossible( mais les chinois ne veulent pas qu'on y mette nos yeux ?)

à Bangkok il fait nuit..... 

 

livecam borealis Longyearben au Spitzberg celle-là aussi j'y vais souvent

http://longyearbyen.kystnor.no/

moins beau qu'hier mais plein de neige

 

Allez!  à vous si vous aimez. Quand vous voyagez c'est aussi une bonne façon d'avoir une idée du lieu

Bonne soirée confinée voyageuse mais attention ... selon l'heure de votre consultation ça peut être la nuit . Revenez demain... 

signé: Annie Jvzonor

 

 

19 mars 2020

Derrière ma fenêtre

En_vers_ou_en_prose

En vers ou en prose

Voici un extrait de Baudelaire :   Petits poèmes en prose

Les fenêtres

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie »

-Prenez une photo de votre fenêtre fermée. Voici la mienne ce matin

20200319_084952

 

Ou allez sur images dans internet et retenez une photo de fenêtre, choisissez une fenêtre fermée bien sûr pour mieux faire marcher votre imaginaire

Ecrivez soit un poème soit un texte en prose qui commencera par :

 

 

Derrière ma fenêtre il y a…

 

19/3/2020

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18 mars 2020

Courage : Mode d’emploi D’abord ouvrir la cage de

Courage : Mode d’emploi     

cage2

 

D’abord ouvrir la cage de la peur

La laisser s’envoler

Regarder le petit nuage dans le ciel

Sourire devant cette boule de coton

Inoffensive

Laisser la porte ouverte

Attendre

Prendre son temps

Respirer longuement

Ecouter son cœur

Regarder à l’intérieur de soi-même

Descendre jusqu’à la conscience

Si possible

Dans le trou sombre où dort le mystère

Parfois une seule descente ne suffit pas

Les ténèbres sont trop épaisses

Recommencer. Ne pas capituler

Chercher dans le noir. Sans relâche

Quand IL est trouvé

Le prendre délicatement à deux mains

L’écouter avec attention

Car SA voix est souvent lointaine

LE transporter jusqu’à la cage

(Cette poitrine laissée ouverte)

Refermer lentement la porte

Clore les paupières

Profiter de ce doux exploit

LE remercier de s’être laissé capturer

                                            Car « Il n’y a pas de bonheur sans courage » J.J.Rousseau

23 octobre 2019

LA CANTILENE

                                             La Cantilène

Une complainte, une belle chanson simple, lyrique et romantique, avec un refrain.

Une forme très ancienne en musique : elle existait avant la chanson de gestes !

Une forme très ancienne en poésie : c’est même le premier texte poétique retrouvé, écrit en langue romane qui deviendra le français quelques siècles plus tard !

           La cantilène de Sainte Eulalie a été écrite dans une abbaye près de Valenciennes où on peut voir le manuscrit datant de 880 !

                      Un manuscrit du temps des Carolingiens !

Ci-dessous une photo du manuscrit et une traduction

Cantilene

 

 

Cantilène de sainte Eulalie (IXe siècle), traduction

Eulalie fut une bonne vierge;
Elle avait un beau corps, une âme plus belle.
Les ennemis de Dieu la voulurent vaincre;
Voulurent la faire servir le diable.
Mais elle n’écoute pas les méchants qui lui conseillent
De renier Dieu qui est là-haut dans le ciel.
Ni pour or, ni pour argent, ni pour parure,
Ni par les menaces, ni par la douceur, ni par les prières,
On ne put jamais plier
La jeune fille à ne pas aimer le service de Dieu.
C’est pourquoi on la présenta à Maximien,
Qui était, en ce temps-là, roi des païens.
Il l’exhorte, mais elle ne s’en soucie guère,
À quitter le nom chrétien.
Elle rassemble toute sa force;
Plutôt elle souffrirait la torture
Que perdre sa virginité:
C’est pourquoi elle est morte à grand honneur.
Ils la jetèrent dans le feu pour qu’elle y brûlât vive.
Elle était toute pure: c’est pourquoi elle ne brûla point.
Le roi païen ne voulut pas se rendre à ce miracle;
Avec une épée lui fit couper la tête.
La demoiselle n’y contredit pas:
Elle veut quitter le siècle: elle en prie le Christ.
Sous la forme d’une colombe, elle s’envole au ciel.
Supplions-la tous de vouloir bien prier pour nous,
Afin que le Christ ait merci de nous
Après la mort, et nous laisse venir à lui
Par sa clémence.

https://geudensherman.wordpress.com/lit-ma-fr/ma-intro/la-cantilene-de-sainte-eulalie/

 

                            La cantilène a résisté aux siècles.

 En voici deux que j’adore.

 Une de Jean Moréas, le poète qui a rédigé « Le manifeste du symbolisme » en 1886 et une de Baudelaire qui ne s’appelle pas cantilène mais qui répond bien à ses caractéristiques.

 

Dans « Cantilènes -INTERLUDE LE RHIN » de Jean Moréas

220px-Jean_Moréas_1910

 

Aux galets le flot se brise

Sous la lune blanche et grise,

Ô la triste cantilène

Que la bise dans la plaine !

-elfes couronnés de jonc,

Viendrez-vous danser en rond ?

 

Hou ! Hou ! Le héron ricane

Pour faire peur à la cane.

Trap ! Trap ! Le sorcier galope

Sur le bouc et la varlope.

-elfes couronnés de jonc,

Viendrez-vous danser en rond

 

Au caveau rongé de mousse

L' empereur à barbe rousse,

Le front dans les mains, sommeille.

Le nain guette la corneille.

-elfes couronnés de jonc,

Viendrez-vous danser en rond ?

 

Mais déjà l' aurore émerge,

De rose teignant la berge,

Et s' envolent les chimères

Comme un essaim d' éphémères.

-elfes couronnés de jonc,

Vous ne dansez plus en rond.

                                                                                              https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k82483q/f43.double

 

 

 

                                      L’invitation au voyage,  Charles Baudelaire

w-charles-baudelaire-portrait-art-stephane_bouillet

 

 

Mon enfant, ma sœur,

Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l’ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

À l’âme en secret

Sa douce langue natale.

 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;

C’est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu’ils viennent du bout du monde.

– Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D’hyacinthe et d’or ;

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière.

 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/charles_baudelaire/linvitation_au_voyage

 

 

A VOUS ! Tous à vos plumes. Une belle cantilène avec quelques couplets et un refrain.

Suggestion :

 Voici 5 mots qui ont perdu leur cantilène : lumière- désir- charme – mystérieuse -monde.

A vous de leur inventer une cantilène !

Voici la mienne :

Canti-lumière

Lumière du matin

Elle baigne le jardin

Douce et claire

Mystérieuse

Elle a chassé la nuit

Souffle léger et doux

Elle s’est faufilée

Jusque dans le rosier

Et les roses sont apparues

 

Où sont les charmes de la nuit ?

Ils ont filé dans l’autre monde.

 

Lumière de l’après-midi

Vive et violente

Les roses baissent le col

Les herbes immobiles

Crient au ciel leur désir de pluie

Les arbres ne bruissent plus

Le vent est tombé

Le soleil explose

Il pose sur la terre son manteau de feu

 

 

Où sont les charmes de la nuit ?

Ils ont filé dans l’autre monde.

 

Lumière du soir

Délicate et feutrée

Elle caresse le jardin

Douce comme le velours

Les pétales de la fleur

Voudraient la retenir

Ils hésitent et se referment

Le silence des ténèbres

S’installe doucement

 

Où sont les charmes de la nuit ?

Ils arrivent de l’autre monde.

 

12 octobre 2019

Colette au Palais Royal : Promenade

LES VRILLES DE LA VIGNE     

1908 par (Gabrielle Sidonie) Colette

Voici la première nouvelle du recueil:

 

"Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit. Il avait un gentil filet de voix et s’en servait avec adresse du matin au soir, le printemps venu. Il se levait avec les camarades, dans l’aube grise et bleue, et leur éveil effarouché secouait les hannetons endormis à l’envers des feuilles de lilas.

 

Il se couchait sur le coup de sept heures, sept heures et demie, n’importe où, souvent dans les vignes en fleur qui sentent le réséda, et ne faisait qu’un somme jusqu’au lendemain.

 

Une nuit de printemps, le rossignol dormait debout sur un jeune sarment, le jabot en boule et la tête inclinée, comme avec un gracieux torticolis. Pendant son sommeil, les cornes de la vigne, ces vrilles cassantes et tenaces, dont l’acidité d’oseille fraîche irrite et désaltère, les vrilles de la vigne poussèrent si dru, cette nuit-là, que le rossignol s’éveilla ligoté, les pattes empêtrées de liens fourchus, les ailes impuissantes…

 

Il crut mourir, se débattit, ne s’évada qu’au prix de mille peines, et de tout le printemps se jura de ne plus dormir, tant que les vrilles de la vigne pousseraient.

 

Dès la nuit suivante, il chanta, pour se tenir éveillé :

 

Tant que la vigne pousse, pousse, pousse… Je ne dormirai plus !

Tant que la vigne pousse, pousse, pousse…

 

Il varia son thème, l’enguirlanda de vocalises, s’éprit de sa voix, devint ce chanteur éperdu, enivré et haletant, qu’on écoute avec le désir insupportable de le voir chanter.

 

J’ai vu chanter un rossignol sous la lune, un rossignol libre et qui ne se savait pas épié. Il s’interrompt parfois, le col penché, comme pour écouter en lui le prolongement d’une note éteinte… Puis il reprend de toute sa force, gonflé, la gorge renversée, avec un air d’amoureux désespoir. Il chante pour chanter, il chante de si belles choses qu’il ne sait plus ce qu’elles veulent dire. Mais moi, j’entends encore à travers les notes d’or, les sons de flûte grave, les trilles tremblés et cristallins, les cris purs et vigoureux, j’entends encore le premier chant naïf et effrayé du rossignol pris aux vrilles de la vigne :

 

Tant que la vigne pousse, pousse, pousse…

 

Cassantes, tenaces, les vrilles d’une vigne amère m’avaient liée, tandis que dans mon printemps je dormais d’un somme heureux et sans défiance. Mais j’ai rompu, d’un sursaut effrayé, tous ces fils tors qui déjà tenaient à ma chair, et j’ai fui… Quand la torpeur d’une nouvelle nuit de miel a pesé sur mes paupières, j’ai craint les vrilles de la vigne et j’ai jeté tout haut une plainte qui m’a révélé ma voix.

 

Toute seule, éveillée dans la nuit, je regarde à présent monter devant moi l’astre voluptueux et morose… Pour me défendre de retomber dans l’heureux sommeil, dans le printemps menteur où fleurit la vigne crochue, j’écoute le son de ma voix. Parfois, je crie fiévreusement ce qu’on a coutume de taire, ce qui se chuchote très bas, – puis ma voix languit jusqu’au murmure parce que je n’ose poursuivre…

 

Je voudrais dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je devine, tout ce qui m’enchante et me blesse et m’étonne ; mais il y a toujours, vers l’aube de cette nuit sonore, une sage main fraîche qui se pose sur ma bouche, et mon cri, qui s’exaltait, redescend au verbiage modéré, à la volubilité de l’enfant qui parle haut pour se rassurer et s’étourdir…

 

Je ne connais plus le somme heureux, mais je ne crains plus les vrilles de la vigne."

images

 

Gabrielle Colette est née à St Sauveur en Puisaye en 1873.

Son père est percepteur.Il a perdu une jambe à la guerre

Elevée librement, dans la culture et l'aisance, son enfance est très heureuse.

Sa mère, c'est Sido que l'on retrouve dans l'oeuvre de Colette. Elle est frivole, aimante, contestataire et elle ruine gentiment la famille avec ses dépenses inconsidérées.

Elle épouse un grand séducteur : Willy, Henri Gauthier-Villars, qui fait travailler des nègres pour lui et sa maison d’édition à Paris. Avec ses magnifiques favoris, il porte beau ! Il introduit Gabrielle dans les salons littéraires. colette a 20 ans.

Il voudrait bien  concurrencer" Le petit Chose" d’Alphonse Daudet qui fait un tabac !

Alors il demande à sa femme d’écrire ses souvenirs d’enfance et il installe une légende autour d’elle : c’est une inconnue qui lui a remis le manuscrit de Claudine à l’école(1893). Le livre marche bien . Concurrence réussie. Il signe lui-même les "Claudine".

Elle signera ses livres Colette Willy jusqu’en 1923

Willy a de nombreuses maitresses mais il ne supporte pas que sa femme ait des amants. Mais des femmes il veut bien. Il lui présente Missy, une homosexuelle sulfureuse.Elles font scandale, dans la société et sur scène car : Plus de Willy. Elle se sépare de lui.

De 1905 à 1912 Colette fréquente des femmes, elle est mime très dénudée au théâtre où elle fait scandale par exemple nue sous une peau de panthère !

En 1912 elle épouse Henri de Jouvenel, politicien et journaliste. Elle a une fille avec lui ( Bel Gazou).

Il travaille au journal « Le Matin ». Il y fait entrer Colette et elle y restera longtemps. Elle deviendra directrice littéraire.

Son mari la trompe. Vengeance dit-elle!

Elle aussi va le tromper et avec son fils de 17 ans !!! Elle divorce en 1923

Avec Ravel elle écrit « L’enfant et les Sortilèges »

Elle fréquente beaucoup St Tropez et le quittera lorsque ça deviendra trop touristique d'après elle,déjà, en 1938.

Son 3ème mari est Maurice Goudeket, homme d’affaires et journaliste. Ce sera un bon ami.

En 1945 elle est élue à l’Académie Goncourt. Pas encore de femme à l’académie française ! 

Elle s’installe à l’entresol du 9 Rue de Beaujolais . Elle souffre d’une arthrite de la hanche et elle sera de plus en plus invalide.

Après la guerre elle aura l’étage noble comme elle dit,qui donne sur le jardin . Elle devient la dame du palais royal à sa fenêtre où on a installé une étoile car elle disait dans son roman « Létoile Vesper », qu’elle irait bientôt la rejoindre. ( Vesper c’est Vénus). C’est son symbole, affiché à la fenêtre où on voyait la nuit briller « le fanal bleu » sa lampe bleue car elle écrivait la nuit. Elle se promenait avec Cocteau qui habitait à deux pas quand il était à Paris.

Les deux allées du jardin ont pris cette année leurs deux noms: Colette pour l'une et Jean Cocteau pour l'autre. Sur les bancs on a gravé des phrases écrites par eux.

En 1954 elle aura des obsèques nationales mais pas catholiques car elle était trop sulfureuse pour l’église.

colette_palais_royal_etage

Voici la liste de ses oeuvres de son vivant. Il n'y a pas ses oeuvres posthumes, ni ses correspondances:

1900 : Claudine à l'école

1901 : Claudine à Paris

1902 : Claudine en ménage

1903 : Claudine s'en va

1904 : Minne

1904 : Dialogues de bêtes (titre original : Sept dialogues de bêtes)

1907 : La Retraite sentimentale (clôt la série des Claudine), illustrations de Georges Gobo

1908 : Les Vrilles de la vigne (nouvelles)

1909 : L'Ingénue libertine

1910 : La Vagabonde

1913 : L'Entrave

1913 : L'Envers du music-hall

1913 : Prrou, Doucette et quelques autres

1916 : La Paix chez les bêtes

1917 : Les Heures longues, 1914-1917

1918 : Dans la foule

1919 : Mitsou ou Comment l'esprit vient aux filles

1920 : Chéri

1922 : La Chambre éclairée

Recueil de textes publiés dans la presse à la fin de la Première Guerre mondiale.

1922 : La Maison de Claudine

1923 : Le Blé en herbe

1924 : La Femme cachée (nouvelles)

1925 : L'Enfant et les Sortilèges (fantaisie lyrique, musique de Maurice Ravel)

1926 : La Fin de Chéri

1928 : La Naissance du jour

1929 : La Seconde

1930 : Sido

1932 : Le Pur et l'Impur (d'abord paru sous le titre : Ces plaisirs…)

1933 : La Chatte

1934 : Duo

1934 : Affaires de cœur, avec Abel Bonnard, Abel Hermant et Paul Morand

1936 : Mes apprentissages

1936 : Splendeur des papillons, Librairie Plon

1937 : Bella-Vista

1938 : La Jumelle noire

Quatre tomes de recueil de critiques littéraires et cinématographiques : tome I (1934), tome II (1935), tome III (1937), tome IV (1938).

1939 : Le Toutounier (suite de Duo)

1940 : Chambre d'hôtel

1941 : Julie de Carneilhan

1941 : Journal à rebours

1943 : Le Képi

1943 : Nudité

1944 : Gigi

1944 : Paris de ma fenêtre

1946 : L'Étoile Vesper

1949 : Le Fanal bleu

1953 : Paradis terrestre

+ œuvres posthumes

 

A partir de 1917 pas moins de 16 films jusqu’à 2018 seront tirés de ses œuvres

+7 à la télévision

(et 2 pièces au théâtre )

 

 

 

 

 

 

 

1 octobre 2019

Des verbes pour dire des savoirs: Vrais et Manipulés

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FAIRE D'ABORD UNE LISTE DE COMPETENCES

Je sais lire la Poésie

Je sais remplir les verres et les vider

Je sais renverser les bouteilles

Je sais peigner la girafe et donner de la confiture aux cochons

Chut....Je crois bien que je sais aussi sodomiser les mouches...

Je sais danser devant le buffet et découvrir le pot aux roses

Mais j'ai jamais pissé dans un violon!!

Je sais poser un lapin, parler pour ne rien dire et jouer du pipeau

Je sais me battre contre les moulins et brasser du vent

ENSUITE ECRIRE UNE DIZAINE DE LIGNES-ou davantage- SYMPATHIQUES, POETIQUES, ORIGINALES OU DEJANTEES OU...COMME ON VEUT

     Brasser du vent c'est facile

Il suffit d'aller vers le Nord

Où nait le vent glacé.

Il faut chercher sur la toundra

Les bras de la bise qui pique

Mais les trouver c'est difficile

Car le vent est partout

Il souffle tant que l'herbe est rare

Il vous enveloppe et vous prend

Brassez, brassez pour résister! 

Dans le froid c'est pas si facile

Qui gagnera ? Vous ou le vent ?

Brasser du vent c'est difficile

Alors fuyez à toutes jambes

Courez , filez sans regarder

Les mille bras du vent du Nord

Qui règne en maitre sur la toundra.

Ventre à terre courez au Sud

            Et là

Brasser du vent c'est facile

dans cette chaleur bienfaisante

Etouffante

Nait le vent du Sud qui réchauffe

 

Chercher d'abord dans la forêt.

Coucou caché. Où est-il passé ?

Déjà parti ou envolé

Alors chercher dans la savane

Où vit le lion ou l'antilope

Coucou caché. Où est-il passé ?

Déja filé ? Il a mis les bouts ?

Décidément brasser du vent c'est pas facile

Il se barre tout le temps.

Chercher alors dans le désert

Sur les cailloux ou sur les dunes

Ah! Le voilà ! Il est partout

Il brasse du sable, des petits grains

Des milliers de grains.

Il est gonflé ce vent du Sud

Moi qui croyais qu'il était doux

Comme la brise du matin

Chaud comme une caresse du soir

Mais le voilà vif, acéré

Comme mille piqûres de sable

Va brasser mille piqûres

ça pince

Brasser du vent, brasser de l'air

Qui a dit que c'était facile

Pas moi. Ou alors j'avais bu ! 

 

    Jouer du pipeau c’est facile

C’est ce qu’on dit

J’y arrive pas, c’est pas mon truc.

                     J’ai pris le pipeau, y avait plein de trous

                     J’ai essayé le plus gros

                              Rien.

                      C’était du pipeau

Les petits n’ont rien donné non plus.

Je ne vais quand même pas souffler dans cette fente ridule

Je veux jouer du pipeau en grand

Avec des grosses menteries

Des fables à faire dresser les cheveux

Des bobards énormes

Du baratin, du bluff, de l’esbrouffe !

                                   Pour ça il faut un gros trou de pipeau

                                Alors on enfile les boniments

                               On bourre les crânes, on bourre le mou

                              Rien ne vaut de belles craques et quelques salades 

               Dire qu'il y a des spécialistes 

                Pour nous faire avaler des couleuvres

                  Et prendre des vessies pour des lanternes....

 

 

 

 

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